Note (retour) — LIVRE II
Reading edition
La religion, d'abord, y fut très malmenée. Dès son discours d'ouverture, Mme Pognon nous avertissait que «le règne de la charité est passé, après avoir duré de trop long siècles»; que les oeuvres religieuses ne peuvent convenir qu'à «la femme bonne, mais ignorante»; qu'au lieu de l'aumône avilissante», les véritables féministes veulent «la solidarité». C'est avec le même dédain que Mlle Bonnevial a dénoncé «ce principe négateur de tout progrès: la résignation chrétienne», et les «préjugés chrétiens» qui ont fait de la femme «la grande coupable» et du travail «une peine et une humiliation». La même a flétri vertement «les scandaleuses spéculations industrielles» des couvents qui se livrent clandestinement à «l'exploitation de l'enfance ouvrière». De son côté, Mme Marguerite Durand a fait la leçon aux riches élégantes «qui donnent, par chic, pour les réparations d'églises, le rachat des petits Chinois et autres oeuvres plus ou moins fantaisistes qui masquent simplement des opérations financières cléricales et politiques 40». Enfin Mme Kergomard a supplié toutes les femmes qui font de l'éducation, de secouer le «vieil esprit», l'«esprit du confessionnal 41».