← Table of contents
Le féminisme français I

Note (retour) — LIVRE II

Reading edition

Là comme ailleurs, on a fait le procès des hommes avec vivacité, mais sans violence de langage. Mme Jeanne Deflou, qui dirige à Paris un «Groupe français d'études féministes», nous a dit notre fait avec un esprit qui s'aiguise en pointe acérée. En veut-on un piquant échantillon? Se demandant pourquoi «les hommes du monde, les hommes de science,» déversent leur «trop-plein philanthropique» sur les femmes de la classe inférieure et regardent comme indigne de leur attention le sort des femmes de la classe moyenne, elle écrit ceci: «Cependant ces femmes, parce qu'elles sont femmes, ont leurs misères comme les autres, misères d'autant plus aiguës qu'une éducation plus raffinée a développé chez elles une sensibilité plus délicate. Ces misères, qu'ils coudoient, qui sont celles de leurs mères, de leurs filles, de leurs épouses peut-être, comment ne s'en sont-ils pas, tout d'abord, préoccupés? Je crains que ces messieurs, qui aiment mieux regarder dans un télescope que de jeter les yeux à leurs côtés, n'obéissent au désir secret de limiter l'égalité des sexes à ce qui ne les concerne pas directement. Ils veulent bien que la femme touche son salaire: les leurs n'ont pas de salaire; ils ne veulent pas qu'elle touche à sa dot: les leurs ont une dot 39.»

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings