Note (retour) — LIVRE II
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Se recrutant dans un milieu plus élevé et plus instruit, le féminisme indépendant, le pur, le vrai féminisme, s'efforce de soustraire sa cause à l'action absorbante du socialisme. Une femme qui fait grande figure en cette phalange, Mme Marya Cheliga, s'applique particulièrement à sauvegarder son autonomie. «Bien que lié indissolublement à la question sociale, écrivait-elle récemment, le féminisme ne doit pas être confondu avec le mouvement socialiste ni subordonné à ses différentes écoles.» Tout en n'hésitant point à regarder les hommes comme des «patrons», c'est-à-dire comme les exploiteurs naturels des femmes, elle maintient que, les revendications de son sexe n'étant pas exclusivement économiques, le mouvement féministe ne saurait être un épisode de la lutte des classes, par cette raison qu'il n'est véritablement aucune catégorie sociale, de la plus pauvre à la plus riche, «où la femme ne soit pas assujettie à l'homme.» D'ailleurs, l'exemple de tous les jours démontre qu'un homme, tout socialiste qu'il soit, «conserve ses velléités despotiques, surtout envers sa femme 10.»