Note (retour) — LIVRE II
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Ce n'est pas ainsi, pourtant, que les féministes exaltés s'imaginent la femme primitive. Ils nous assurent même qu'elle fut tout simplement exquise, aussi douce, aussi belle, aussi suave que son compagnon fut laid, bête et grossier. Ils nous la montrent «suivie d'un cortège de colombes qui adorent sa grâce.» Ce n'est pas elle qui eût tué pour vivre! «Le respect de la vie, même la plus ignorée, même la plus obscure, est son privilège.» Jamais elle ne se fût abaissée à tordre le cou d'un pigeon, ou d'un poulet. Cueillir une rose en ce temps-là lui semblait un crime. «Elle respecte non seulement les insectes, mais les pétales éclatants et parfumés qu'elle ne réunit pas sur son coeur parce qu'ils y mourraient 16.» Et dire que cette blanche brebis qu'on nous présente parée de toutes les séductions fut la femme des cavernes! Quelle plaisante illusion! Est-il croyable qu'à l'âge de pierre, une créature à face humaine pût avoir l'âme d'un chérubin?