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Le dimanche avec Paul Cézanne (souvenirs)

Note E — V Claude Lantier et Mahoudeau.

Reading edition

Je veux tout de même avouer qu’une des plus grandes déceptions de ma vie me vint au cours d’une visite que je fis, mon livre achevé, à Judith Gautier. Elle habitait rue Washington et elle m’accueillit d’un air lointain, parmi des chats qui déchiraient le velours usé de sièges Louis XIII et le reps grenat de fauteuils Voltaire qui avaient dû appartenir à son père. J’avais dû m’arrêter sur le palier, avant de tirer le cordon de soie chinoise de sa sonnette, car l’émotion me faisait battre le cœur, et j’avais beau savoir que j’allais voir une vieille dame, je ne songeais qu’à la belle jeune fille qu’elle fut dans la maison du maître, à Neuilly, savante et belle comme Hypathie.

Je vis le masque lourd du père Gautier, sans barbe, et elle ne regarda même pas la dédicace de mon livre, occupée qu’elle était à me parler d’un parent qu’elle n’aimait pas.

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