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Le dernier rapport d'un Européen sur Ghât et les Touareg de l'Aïr

Note 42 — CHAPITRE PREMIER

Henri Schirmer translation

On était en 1876. C’est un exemple assurément peu ordinaire, que celui de ce vieux chef de nomades, qui du fond de son Sahara, se tenait si bien au courant de la situation de l’Europe, et « parlait beaucoup » des Français, lui qui depuis quinze ans n’en avait pas revu un seul ! Il est certain que Duveyrier, avec ses manières généreuses et chevaleresques, avait produit sur l’émir une impression profonde, et quelles que soient les preuves de duplicité que nous aient données les Touareg, nous n’avons pas de raison de croire qu’Ikhenoukhen ne nous soit pas resté fidèle jusqu’à la fin. Son intérêt nous répondait d’ailleurs de la sincérité de ses sentiments, puisque les taxes payées par les caravanes françaises devaient, d’après le traité de Ghadamès, ne profiter qu’à lui seul. Ainsi s’explique aussi son attitude presque hostile vis-à-vis d’Erwin de Bary, qui tout en se présentant comme médecin musulman, était le protégé des Imanghasaten. Malheureusement, l’autorité d’Ikhenoukhen n’était plus acceptée sans conteste, les Imanghasaten et les Ifoghas étaient en état de rébellion ouverte, et Dournaux-Dupéré était mort victime de ces rivalités des tribus azdjer.

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