Note 23 — CHAPITRE PREMIER
Henri Schirmer translation
Il y a là sans aucun doute une erreur de transcription ; le journal de route ayant été écrit primitivement en sténographie. Erwin de Bary fait évidemment allusion à une espèce connue. D’après M. Locard, à qui nous avons soumis le cas, ce ne peut être que la Melania tuberculata Müller, qui est répandue dans toute l’Asie méridionale et dans l’Afrique méditerranéenne depuis l’Egypte jusqu’au Maroc. Au Sahara, elle avait été signalée jusqu’ici par Duveyrier dans l’oasis de Mraïer près Touggourt, et par le Dr Marès à Ngouça (Bourguignat, Malacologie de l’Algérie, II, p. 253). La correction de M. Locard paraît d’autant plus justifiée, que M. Foureau vient de trouver dans l’Erg d’Issaouan, au nord-ouest de Ghât, les dunes et les dépôts quaternaires récents jonchés de coquilles subfossiles de Melania tuberculata associées à des Planorbis, Limnea, Physa, Corbicula fluminalis et Succinea (Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, p. 159, 156, 153, 67, etc.). Ces constatations, ainsi que celles toutes semblables faites par M. Foureau dans la région de Timassinine et de l’Erg de Constantine et par M. Flamand dans l’Erg oranais, sont une preuve de plus à l’encontre de l’hypothèse de la mer saharienne quaternaire et donnent à l’observation d’Erwin de Bary sa véritable portée. Elle indiquerait la survivance, au Sahara central, de représentants d’une faune d’eau douce quaternaire, qui grâce au régime éminemment aquatique d’une partie de cette période, se serait étendue de l’Atlas jusqu’au Tasili, et peut-être jusque dans le Sahara méridional.