Note 92 — CHAPITRE III
Henri Schirmer translation
Tous les voyageurs qui ont été en contact avec les Touareg ont eu à faire la même expérience. « Les Touareg, dit M. Foureau, sont avant tout mendiants, depuis les chefs jusqu’au dernier des esclaves ; tous viennent demander au passant de l’argent, des cadeaux et de la nourriture. C’est une véritable plaie, et nul ne peut se soustraire à cette déplorable coutume qui consiste à se faire donner du matin au soir, et à faire fournir par le voyageur la nourriture à tous les visiteurs. Les principales excuses à ce défaut sont : la pauvreté du pays, leur misère et la difficulté de se procurer du gain, l’habitude séculaire du pillage. Leurs instincts mendiants découlent aussi un peu de leur organisation. Il y a chez eux trois classes : les nobles, peu nombreux, les serfs et les nègres. Les nobles sont habitués à prendre chez les seconds, qui sont leurs vassaux, tout ce qui peut leur convenir ; ceux-ci rendent la pareille aux passants, quand les nobles ont d’abord exigé les droits d’usage. » (F. Foureau, Rapport sur ma mission au Sahara, 1893-1894, Paris, 1894, p. 210.)