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Le château de La Belle-au-bois-dormant

Note 3 — L'AGONIE DE L'EUZKALERRIA

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J'écrivais ceci il y a deux ans. Or, ce jeu de pelote a été, sur ma prière, maintenu et amélioré par l'«aménageur» de la plage, par celui-là même que je qualifiais plus haut de demi-barbare. Le mot d'ailleurs était injuste: homme de goût, artiste, aurais-je dû dire plutôt. Sur nos sables tapissés d'oeillets et d'immortelles, il avait rêvé de fonder une ville de bains qui n'enlevât pas au pays la couleur ancienne, et ses études de la vieille Euzkalerria lui avaient permis de dessiner des maisonnettes d'un archaïsme exquis.. Mieux valait pour tout le monde ne rien bâtir du tout, bien entendu, et respecter cette solitude; sa conception toutefois était acceptable,—mais allez donc la faire entrer dans des cervelles vulgaires, ou seulement moyennes! Il a été débordé. Un petit quartier purement basque, construit depuis deux années d'après ses plans, semble un joyau rare en comparaison des horreurs qui viennent de pousser alentour: donjons moyenâgeux en ciment armé; fermes pseudo-normandes; tristes maisons noirâtres à toits d'ardoise que l'on dirait échappées de la banlieue de quelque ville ouvrière du Nord;—jusqu'à une espèce de gâteau de Savoie tout rond, tout peinturluré, tellement saugrenu que les gens s'arrêtent devant pour sourire. Et, si une croisade de défense ne s'organise au plus vite, cette presque dernière de nos plages françaises non violées, finira, comme toutes les autres, dans le ridicule. (Mars 1910.)

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