Note (retour) — LE CABINET DES FEES (continued 3)
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Les larmes vinrent deux ou trois fois aux yeux du jeune prince, de la seule pensée qu'il fallait couper la tête à sa petite Chatonne qui était si jolie et si gracieuse. Il dit encore tout ce qu'il put imaginer de plus tendre pour qu'elle l'en dispensât: 13 elle répondait opiniâtrement qu'elle voulait mourir de sa main, et que c'était l'unique moyen d'empêcher que ses frères n'eussent la couronne; en un mot, elle le pressa avec tant d'ardeur, qu'il tira son épée en tremblant, et, d'une main mal assurée, il coupa la tête et la queue de sa bonne amie la Chatte: en même temps il vit la plus charmante métamorphose qui se puisse imaginer. Le corps de Chatte Blanche devint grand, et se changea tout d'un coup en fille; c'est ce qui ne saurait être décrit, il n'y eut que celle-là aussi accomplie. Ses yeux ravissaient les coeurs, et sa douceur les retenait; sa taille était majestueuse, l'air noble et modeste, un esprit liant, des manières engageantes; enfin, elle était au-dessus de tout ce qu'il y a de plus aimable.