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Le Cabinet des Fées

Note (retour) — LE CABINET DES FEES (continued 2)

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La nuit vint. Florine dit tout ce qu'elle put imaginer de plus tendre, et elle le dit aussi inutilement qu'elle avait déjà fait, parce que le roi ne manquait jamais de prendre son opium. Les valets de chambre disaient entre eux: "Sans doute que cette paysanne est folle: qu'est-ce qu'elle raisonne toute la nuit?--Avec cela, disaient les autres, il ne laisse pas d'y avoir de l'esprit et de la passion dans ce qu'elle conte." Elle attendait impatiemment le jour, pour voir quel effet ses discours auraient produit. "Quoi! ce barbare est devenu sourd à ma voix! disait-elle. Il n'entend plus sa chère Florine! Ah! quelle faiblesse de l'aimer encore! que je mérite bien les marques de mépris qu'il me donne!" Mais elle y pensait inutilement, elle ne pouvait se guérir de sa tendresse. Il n'y avait plus qu'un oeuf dans son sac, dont elle dût espérer du secours; elle le cassa: il en sortit un pâté de six oiseaux qui étaient bardés, cuits, et fort bien apprêtés; avec cela ils chantaient merveilleusement bien, disaient la bonne aventure, 33 et savaient mieux la médecine qu'Esculape. La reine resta charmée d'une chose si admirable; elle alla avec son pâté parlant dans l'antichambre de Truitonne.

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