Note (retour) — LE CABINET DES FEES (continued 2)
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Le prince ne sortait point d'étonnement; il ne savait que penser. La figurine 5 s'approcha; et levant son voile, il aperçut la plus belle petite Chatte Blanche qui ait jamais été et qui sera jamais. Elle avait l'air fort jeune et fort triste: elle se mit à faire un miaulis si doux et si charmant, qu'il allait droit au coeur. Elle dit au prince: "Fils de roi, sois le bienvenu; ma miaularde majesté te voit avec plaisir.--Madame la Chatte, dit le prince, vous êtes bien généreuse de me recevoir avec tant d'accueil: mais vous ne me paraissez pas une bestiole ordinaire; le don que vous avez de la parole, et le superbe château que vous possédez, en sont des preuves assez évidentes.--Fils de roi, reprit Chatte Blanche, je te prie, cesse de me faire des compliments; je suis simple dans mes discours et dans mes manières, mais j'ai un bon coeur. Allons, continua-t-elle, que l'on serve, et que les musiciens se taisent, car le prince n'entend pas ce qu'ils disent.--Et disent-ils quelque chose, madame? reprit-il.--Sans doute, continua-t-elle, nous avons ici des poètes qui ont infiniment d'esprit, et si vous restez un peu parmi nous, vous aurez lieu 6 d'en être convaincu.--Il ne faut que vous entendre pour le croire, dit galamment le prince; mais aussi, madame, je vous regarde comme une Chatte fort rare."