Note (retour) — LE CABINET DES FEES (continued 2)
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Les trois princesses ayant dormi jusqu'à onze heures du matin se réveillèrent; Finette s'aperçut la première de l'absence de la reine; bien qu'elle s'y fût préparée, elle ne laissa pas de pleurer, se confiant davantage pour son retour à sa marraine la fée qu'à l'habileté de ses soeurs. Elle alla leur dire tout effrayée: "La reine est partie, il faut la suivre au plus vite.--Taisez-vous, petite babouine, 6 répliqua Fleur-d'Amour, nous trouverons bien le chemin quand nous voudrons; vous faites ici, ma commère, l'empressée mal à propos." Finette n'osa répliquer. Mais quand elles voulurent retrouver le chemin, il n'y avait plus ni traces ni sentiers: les pigeons, dont il y à grand nombre en ce pays-là, étaient venus manger les pois; elles se mirent à pleurer jusqu'aux cris. Après avoir resté deux jours sans manger, Fleur-d'Amour dit à Belle-de-Nuit: "Ma soeur, n'as-tu rien à manger?--Non, dit-elle." Elle dit la même chose à Finette. "Je n'ai rien non plus, répliqua-t-elle, mais je viens de trouver un gland.--Ha! donnez-le-moi, dit l'une; donnez-le-moi, dit l'autre." Chacune le voulait avoir. "Nous ne serons guère rassasiées d'un gland à nous trois, dit Finette; plantons-le, il en viendra un autre qui nous pourra servir." Elles y consentirent, quoiqu'il n'y eût guère d'apparence qu'il vînt un arbre dans un pays où il n'y en avait point: on n'y voyait que des choux et des laitues, dont les princesses mangeaient. Si elles avaient été bien délicates, elles seraient mortes cent fois; elles couchaient presque toujours à la belle étoile; 7 tous les matins et tous les soirs elles allaient tour à tour arroser le gland, et lui disaient: Croîs, croîs, beau gland.