← Table of contents
Le Cabinet des Fées

Note (retour) — LE CABINET DES FEES (continued 2)

Reading edition

En s'arrêtant à la porte, elles entendirent que le roi disait: "J'ai le coeur tout saisi de vous voir revenir seule.--Bon, dit la reine, nous étions trop embarrassés de nos filles.--Encore, dit le roi, si vous aviez ramené ma Finette, je me consolerais des autres, car elles n'aiment rien." Elles frappèrent, toc, toc. Le roi dit: "Qui va là?" Elles répondirent: "Ce sont vos trois filles, Fleur-d'Amour, Belle-de-Nuit et Fine-Oreille." La reine se mit à trembler. "N'ouvrez pas, disait-elle, il faut que ce soient des esprits, car il est impossible qu'elles soient revenues." Le roi était aussi poltron que sa femme, et il disait: "Vous me trompez, vous n'êtes point mes filles." Mais Fine-Oreille, qui était adroite, lui dit: "Mon papa, je vais me baisser, regardez-moi par le trou de la serrure, et si je ne suis pas Finette, je consens d'avoir le fouet." Le roi regarda comme elle lui avait dit, et dès qu'il l'eut reconnue il leur ouvrit. La reine fit semblant d'être bien aise de les revoir; elle leur dit qu'elle avait oublié quelque chose, qu'elle l'était venu chercher; mais qu'assurément elle les aurait été retrouver. Elles feignirent de la croire, et montèrent dans un beau petit grenier où elles couchaient. "Çà, dit Finette, mes soeurs, vous m'avez promis une poupée; donnez-la moi.--Vraiment, tu n'as qu'à t'y attendre, petite coquine, dirent-elles; tu es cause que le roi ne nous regrette pas." Là-dessus, prenant leurs quenouilles, elles la battirent comme plâtre. 5 Quand elles l'eurent bien battue, elle se coucha; et comme elle avait tant de plaies et de bosses, elle ne pouvait dormir, et elle entendit que la reine disait au roi: "Je les mènerai d'un autre côté encore plus loin, et je suis certaine qu'elles ne reviendront jamais." Quand Finette entendit ce complot, elle se leva tout doucement pour aller voir encore sa marraine. Elle entra dans le poulailler; elle prit deux poulets et un maître coq, à qui elle tordit le cou, puis deux petits lapins que la reine nourrissait de choux, pour s'en régaler dans l'occasion; elle mit le tout dans un panier, et partit. Mais elle n'eut pas fait une lieue à tâtons, mourant de peur, que le cheval d'Espagne vint au galop, ronflant et hennissant; elle crut que c'était fait d'elle, que quelques gens d'armes l'allaient prendre. Quand elle vit le joli cheval tout seul, elle monta dessus, ravie d'aller si à son aise: elle arriva promptement chez sa marraine.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings