Note 809 — GILLES LI MUISIS
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Chacun sait qu’il était d’usage, au XIIe et au XIIIe siècle, de se faire coudre les manches, et non pas de les boutonner, chaque fois que l’on s’habillait; on les décousait le soir ou, dans la journée, pour se laver. Voir les textes analysés dans La Société française au XIIIe siècle, p. 63; cf. Amanieu de Sescas qui, dans son Ensenhamen de la donzela (K. Bartsch, Provenzalisches Lesebuch, p. 141, v. 80) recommande aux femmes de chambre d’avoir toujours sur elles du fil et des aiguilles pour recoudre les manches de leurs maîtresses.—Le port des boutons fut longtemps considéré pour les hommes, et surtout pour les femmes, comme «un signe de putaige». Cf. le Mirouer du Monde (éd. F. Chavannes, p. 79), qui est probablement antérieur de trois quarts de siècle aux plaintes de l’abbé Gilles: «Tant font de curiosités et de desguisemens que c’est merveille: boutons, orfrois, cotes ridées, estroites manches, chauces detrenchiées, decolées, a bouclettes d’argent...»