Note 246-A — SCÈNE DEUXIÈME
Louis-Pilate de Brinn'Gaubast translation
«Il me faut bien, hélas...»
Nous n'insisterons pas sur le Thème de l'Enchaînement d'Amour, qui apparaît, ici, à ces paroles de Fricka (Voy. partition, page 60); par contre, nous aimerions examiner plus longuement le Motif de Freya qui lui succède, dès l'arrivée de la jeune déesse, et qui a une bien autre importance, au point de vue général de la Tétralogie. Ce Motif se lie bientôt à un autre, dit le Motif de la Fuite, et qui, exprimant, d'une façon immédiate, l'enlèvement de Freya par les Géants, évoque, en même temps, tout ce qu'il y a de précaire, de mélancoliquement aventureux dans le bonheur des Dieux voués à la Chute, dans l'idéal qui couve au front tourmenté de Wotan.—Désormais, d'un bout à l'autre de la Tétralogie, ces deux idées d'Amour et d'Angoisse reviendront toujours simultanément: de même que le Motif de la Fuite scande, dans l'Or-du-Rhin, l'apparition de Freya, bientôt ravie par les Géants, de même dans la Walkyrie, il précède l'amour persécuté de Siegmund et de Sieglinde: enfin dans la formidable Marche funèbre du Crépuscule-des-Dieux, lorsque s'éloigne dans la nuit le cortège de Siegfried assassiné,—un trait rapide, saccadé, très sourd, qui s'obstine, gémit lugubrement, à travers le glorieux thème de la Race de Wälse, déployé aux cuivres, semble rappeler les phrases heurtées de ce Motif-de-la-Fuite.