Note 429-A — ACTE PREMIER
Louis-Pilate de Brinn'Gaubast translation
L'apparition de Wotan s'annonce par une magistrale succession d'accords, dite Harmonie du Voyageur. (Partition, page 50, en bas.)—Ces accords reparaissent, un peu plus loin (page 51), à ces mots de Wotan «... C'est le Voyageur...».
A noter aussi, dans cette scène, le thème du Pouvoir des Dieux, où se retrouve un souvenir du thème de l'Epieu (voy. note de la page 236) et de la Détresse des Dieux (voy. note de la page 227).
Divers thèmes reparaissent, notamment celui du Walhall (p. 61, au bas, et page suivante), à ces paroles du Voyageur:
«... Sur les cimes nébuleuses...»
Disons, d'une manière générale, que, dans toute cette scène rétrospective, il y a à peu près autant de thèmes ramenés que de faits accomplis rappelés et que ces thèmes expriment ces faits.—L'Harmonie du Voyageur ne dérive nullement, comme on le pourrait croire par un raisonnement assez naturel, des thèmes d'aventure entendus déjà.—Elle exprime bien autre chose!—En sa résonnance lente et profonde, voilée, elle donne, positivement, l'impression d'une Force mystérieuse circulant par le Monde.—Wotan, c'est bien cette Force-là, désormais. Maintes fois déjà, dans ce premier acte de Siegfried, l'on a perçu comme de grands murmures sombres et sourds.—Les accords qui les constituent, je penche à les considérer comme des ébauches ou bien des dérivés de cette Harmonie du Voyageur, fixée ici en sa plénitude;—ils exprimeraient l'approche, encore indécise, de Wotan, un environnement indéfini de Fatalité.
L'Harmonie du Voyageur appartient, avec d'autres harmonies, telles que celles du Tarnhelm et du Philtre, à la série des Thèmes qui, sans offrir un dessin mélodique caractérisé, cantabile, ont pourtant toute la clarté, toute la signification du leit-motiv proprement dit, et se ramifient, avec non moins de souplesse, suivant les variations du Drame.