Note (retour) — TOME II (continued 3)
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Tout a bien été pour lui jusqu'à l'âge de quinze ans, et l'onction avec laquelle l'enfant servait la messe, l'air béat dont il balançait l'encensoir aux processions, l'humilité avec laquelle il secouait la sonnette en accompagnant le viatique, lui avaient attiré toutes les sympathies des âmes dévotes, qui, anticipant sur l'avenir, lui avaient d'avance donné le titre de fra Michele, auquel il s'était, de son côté, habitué à répondre; mais le passage de l'adolescence à la virilité produisait probablement sur le jeune chierico7 un changement physique qui ne tarda point à réagir sur le moral; on le vit se rapprocher des plaisirs dont il s'était tenu éloigné jusque-là; sans qu'il se mêlât aux danseurs, on le vit regarder d'un oeil d'envie ceux qui avaient une belle danseuse; on le rencontra un soir sous les peupliers, un fusil à la main, poursuivant les grives et les merles; une nuit, on entendit les sons d'une guitare inexpérimentée sortir de sa chambre; s'appuyant de l'exemple du roi David, qui avait dansé devant l'arche, il fit, un dimanche, sans trop de gaucherie, son début dans la tarentelle, flotta encore un an entre le désir pieux de ses parents et sa vocation mondaine; enfin, à l'heure même où il atteignait sa dix-huitième année, il annonça qu'après avoir consciencieusement consulté ses goûts et ses penchants, il renonçait décidément à l'Église et réclamait sa place dans la société et sa part des pompes et des oeuvres de Satan. C'était juste le contraire de ce que font les néophytes qui abjurent le monde et renoncent à Satan, à ses pompes et à ses oeuvres.