Note 45 — X
Reading edition
Quand, au mois de décembre 1870, il fut question d’un nouvel emprunt de la Défense nationale, M. de Bismarck appela M. Busch et lui dit : « Il serait bon de faire ressortir dans la presse le danger que l’on court en prêtant son argent à ce gouvernement. Il peut se faire, faudrait-il insinuer, que l’emprunt du gouvernement actuel ne fût pas reconnu par celui avec lequel nous ferons la paix, et que nous fassions mettre cela au nombre des conditions de paix. Il faudrait, en particulier, que cet avis soit donné par la presse anglaise et par la presse belge… »
A la date du 21 décembre, voici ce qu’on lit encore dans les Tablettes du Dr Busch :
« Après dîner, lu des dépêches et des minutes. Le soir, L… fait insérer dans l’Indépendance belge le chapitre Gambetta-Trochu. »
Souvent, dans le journal de M. Busch, cette phrase se répète :
« Écrit différentes lettres, avec invitation à rédiger des articles… » Il fallait surtout entretenir « l’incertitude et la discorde parmi les partis en France ». Le secrétaire de M. de Bismarck fait, dans son journal intime, cette remarque bonne encore à méditer : « … Napoléon nous est indifférent ; nous n’avons nul souci de la République ; mais c’est le chaos qui nous est utile. »