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La nuit de Noël dans tous les pays

Note (retour) — Monseigneur CHABOT

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«Cependant, on s'entretenait avec une vive allégresse du Mystère de la grande nuit; on compatissait à Marie et à son doux Enfant exposé dans une étable abandonnée à toutes les rigueurs de l'hiver; puis bientôt on entonnait quelqu'un de ces beaux noëls, au chant desquels on avait passé déjà de si touchantes veillées dans tout le cours de l'Avent. Les voix et les coeurs étaient d'accord, en exécutant ces mélodies champêtres composées dans des jours meilleurs. Ces naïfs cantiques redisaient la visite de l'ange Gabriel à Marie et l'annonce d'une maternité divine faite à la noble pucelle; les fatigues de Marie et de Joseph parcourant les rues de Bethléem, alors qu'ils cherchaient en vain un gîte dans les hôtelleries de cette ville ingrate; l'enfantement miraculeux de la Reine du Ciel; les charmes du nouveau-né dans son humble berceau; l'arrivée des bergers avec leurs présents rustiques, leur musique un peu rude et la foi simple de leurs coeurs32. On s'animait en passant d'un noël à l'autre; tous soucis de la vie étaient suspendus, toute douleur était charmée, toute âme épanouie. Mais, soudain, la voix des cloches, retentissant dans la nuit, venait mettre fin à de si bruyants et de si aimables concerts. On se mettait en marche vers l'église; heureux alors les enfants que leur âge un peu moins tendre permettait d'associer pour la première fois aux ineffables joies de cette nuit solennelle, dont les fortes et saintes impressions devaient durer toute la vie»33.

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