Note 15 — CHAPITRE VIII LA RÉINCARNATION
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Qu'on me permette de citer, à ce propos, un fait personnel. Un soir, à l'abbaye de Saint-Wandrille, où je passe mes étés, des hôtes récemment arrivés s'amusèrent à faire tourner un guéridon. Je fumais paisiblement dans un coin du salon, assez loin de la petite table, ne prenant aucun intérêt à ce qui se passait autour d'elle et pensant à tout autre chose. Après s'être fait prier comme il sied, la table répondit qu'elle recélait l'esprit d'un moine du XVIIe siècle, enterré dans la galerie est du cloître, sous une dalle qui portait la date de 1693. Après le départ du moine qui, tout à coup, sans raison apparente, refusa de poursuivre l'entretien, il nous prit fantaisie d'aller, une lampe à la main, à la recherche de la tombe. Nous finîmes par découvrir, au bout de la galerie orientale, une pierre funéraire, en très mauvais état, brisée, usée, écrasée, effritée, sur laquelle on pouvait déchiffrer avec peine, en l'examinant de très près, l'inscription: «A. D. 1693.» Or, au moment de la réponse du moine, il n'y avait au salon que mes hôtes et moi. Aucun d'eux ne connaissait l'abbaye; ils y étaient arrivés le soir même, quelques minutes avant le dîner et, après le repas, la nuit étant complètement tombée, avaient remis au lendemain la visite du cloître et des ruines. La révélation, à moins de croire aux «Coques» ou aux «Élémentals» des théosophes, ne pouvait donc venir que de moi. Je croyais cependant absolument ignorer l'existence de cette pierre tombale, une des moins lisibles entre une vingtaine d'autres, toutes du XVIIe siècle qui pavent cette partie du cloître.