Note 17 — CHAPITRE XVI
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Il est bon cependant de savoir risquer quelquefois; en voici un exemple. Quand j'ai organisé la concession française à Hankeou, j'ai mis nos compatriotes d'Extrême-Orient au courant de ce qu'ils pourraient tenter, comme affaires, dans ce port qui prenait un développement de plus en plus considérable. Notamment j'avais conseillé la construction d'un hôtel, établissement qui n'existait pas à Hankeou et qui, cependant, était d'une nécessité urgente, étant donnés les nombreux Européens qui chaque semaine, chaque jour même, y débarquaient. Un de nos compatriotes établi au Japon accourut et mit le projet d'hôtel à exécution. Il réussit si bien que, au bout de trois ans, il revendit son fonds avec terrain et immeuble. De là il alla reprendre une affaire qui tombait, à Changhai, et la remit en bonne voie; survint la guerre russo-japonaise et le blocus de Port-Arthur. Cet homme entreprenant et énergique quitta Changhai et alla s'installer à Nagasaki pour être au courant des nouvelles; puis, achetant trois vapeurs, il risqua sa fortune dans le ravitaillement de Port-Arthur; il réussit et ses bateaux passèrent malgré l'escadre japonaise. Quand la guerre fut terminée, ce vaillant monta une compagnie de navigation à vapeur entre Tien-Tsin et les ports du Sud.
Que n'avons-nous seulement cinq hommes aussi énergiques dans chaque port d'Extrême-Orient!