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La genèse de l'esprit national égyptien (1863-1882)

Note 195 — CHAPITRE IV

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« Riaz ne se doutait point que les Egyptiens sortiraient de leur passivité séculaire et s’endormait dans une fausse sécurité sans se soucier le moins du monde de ce qui pourrait les révolter ou les irriter qu’il s’agît de la façon dont ils étaient traités dans l’application du principe d’autorité ou qu’il s’agît des préoccupations constantes des mécontents qu’il avait contre lui parmi les indigènes aussi bien que parmi les étrangers. Il poursuivait son œuvre dans un même et unique chemin sans se laisser détourner d’un côté ou d’un autre. » (Mohamed Abduh : Mémoires inédits.)

« Les contrôleurs s’interposèrent entre lui et les créanciers affamés du gouvernement égyptien, et Riaz Pacha se rendait compte qu’il ne possédait pas suffisamment des connaissances techniques pour dégager l’ordre du chaos financier actuel sans l’aide européenne. Pendant la dernière période du contrôle il devait traiter une question qui demandait peut-être des qualités supérieures, et un degré plus élevé de clairvoyance politique, que celui qu’il possédait. Il fut emporté par le mouvement d’Arabi, dont il n’a réussi à connaître l’importance que trop tard ». (Lord Cromer : Modern Egypt).

« Et vraiment c’est une chose extraordinaire que cet homme semble à ce point aussi peu fait pour le pouvoir : tant qu’il reste dans la vie privée, il a dans le pays un grand nombre de partisans ; musulman pieux, il a pour lui toutes les puissantes influences religieuses, grand propriétaire et excellent agriculteur connaissant à fond la vie, les besoins et les idées du peuple, il sait prendre les intérêts des cheiks des villages et gagner leur sympathie ; mais dès qu’il entre en fonctions, il devient inabordable. Il ne faut pas supposer que les Anglais fussent les seuls à irriter Riaz Pacha ; il était grossier avec une remarquable impartialité vis-à-vis des étrangers aussi bien que vis-à-vis des indigènes, qu’ils appartinssent ou non au monde officiel. » (Lord Milner : L’Angleterre en Egypte.)

« Malheureusement les préoccupations financières éclipsaient toutes les autres, et Riaz, trop confiant en la docilité du peuple, ne voyait pas l’orage qui se formait sur sa tête. » (Biovès : Français et Anglais en Egypte, 1881-82), 1910.

« Riaz était convaincu que son autorité personnelle, soutenue par le contrôle, suffirait pour maintenir l’ordre, et dans cette opinion il était certainement encouragé par les représentants étrangers. » (Baron de Malorie : Egypt, Native Rulers and Foreign Interference.)

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