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La genèse de l'esprit national égyptien (1863-1882)

Note 70 — CHAPITRE II

Reading edition

M. Mulhall, dans le Contemporary Review (octobre 1882), disait que les canaux du Nil dont Ismaïl a construit 112, doivent rester toujours la plus grande œuvre de son règne, bien qu’ils ne soient pas mentionnés dans le rapport de M. Cave.

« D’après M. Fowler, les excavations par rapport au travail du canal de Suez, étaient de 165 à 100, et partant, ils vaudraient 28 millions livres sterling (non 12 millions). Grâce à ces canaux la population réussit à gagner sur le désert pas moins de 1.373.000 acres représentant une récolte annuelle valant £ 11.000.000 ou une rente de £ 1.400.000 per annum. »

Le canal Ibrahimieh, l’un des plus grands canaux du monde, fut creusé par Bahgat Pachat et Ismaïl Pacha Mohamed. Il ressort d’une étude consacrée au canal, en 1900, par un ingénieur égyptien, Mohamed effendi Ismaïl, que le vice-roi Ismaïl Pacha ayant, au début du règne mis la main sur 333.333 feddans (le feddan est à peu près un demi-hectare) au nord de la ville d’Assiout, en Haute-Egypte, l’idée lui vint de creuser un grand canal pour l’irrigation estivale de ces vastes domaines et toutes leurs dépendances situées dans la région du Fayoum. L’ingénieur Bahgat Pacha, alors inspecteur général de la Haute-Egypte, fut chargé de l’étude du projet et, déjà en 1863, il établit le plan du canal dont il commença l’exécution en 1867. Avec le concours de 100.000 ouvriers travaillant deux mois, l’été, et deux mois l’hiver, la première partie du canal d’Assiout à Maghagha, fut terminée en 1870 par Bahgat Pacha auquel succéda Ismaïl Pacha Mohamed qui creusa la seconde partie du canal, de Maghagha à Beni-Souef et de là à Achment, en 1872 et acheva en même temps le creusement de branches importantes et la construction de ponts et barrages nécessaires pour la bonne distribution des eaux. Le canal Ibrahimieh, long de 268 kilomètres, et d’une largeur moyenne de 14 m. 05, a été un grand bienfait pour la Haute-Egypte. Il arrose, à lui seul avec ses branches, pas moins de 650.000 feddans (350.000 hectares). En outre, grâce à ce cannal, le vice-roi fonda des grands moulins à cannes, dans les provinces de Minia, Assiout, Beni-Souef et Fayoum et donna ainsi l’impulsion à la culture de la canne à sucre et à l’industrie sucrière. Le canal et ses barrages, qui est une œuvre purement égyptienne, avait acquis une réputation mondiale et de nombreux Européens venaient assister aux travaux en cours. Sir John Fowler, l’ingénieur anglais bien connu, disait à ce sujet : « Les touristes qui viennent en Egypte visiter les antiquités feraient mieux de visiter ces monuments modernes que sont le canal Ibrahimieh et ses barrages. »

D’autre part, le gouvernement américain, en 1870, demanda au général Stone Pacha le tracé du canal et des barrages pour figurer à l’exposition de cette époque.

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