Note 51 — CHAPITRE II
Reading edition
Lord Milner disait dans « L’Angleterre en Egypte » : Il est difficile de se faire une idée du manque absolu de scrupules avec lequel sous le règne d’Ismaïl notamment les agents diplomatiques usèrent de leur influence pour exiger de la faible Egypte qu’elle donnât satisfaction même aux demandes les plus extravagantes.
En ce temps-là, en s’assurant une concession, on avait principalement pour but non pas de mener à bonne fin quelque entreprise utile mais d’inventer quelque grief qui permît de rompre le contrat et de se retourner contre le gouvernement pour obtenir une compensation. D’un autre côté, quelque perte que subit l’étranger, même accidentellement et par sa propre faute, tout, presque toujours, servait de prétexte pour réclamer une indemnité. — Venait-il à être volé ? On reprochait au gouvernement l’insuffisance de sa police. — Son bateau venait-il à s’échouer sur le Nil ? Le gouvernement était responsable pour n’avoir pas fait draguer le fleuve. On raconte qu’au cours d’une entrevue avec un concessionnaire européen, Ismaïl Pacha dit à l’un de ses serviteurs : « Fermez cette fenêtre, car si monsieur venait à prendre froid, cela me coûterait 10.000 livres. » Et c’est à peine s’il y avait là une exagération.