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La fille du capitaine

Note (retour) — DU CAPITAINE

Louis Viardot translation · Edition 2

La torture était alors tellement enracinée dans les habitudes de la justice, que l'ukase bienfaisant 40 qui en avait prescrit l'abolition resta longtemps sans effet. On croyait que l'aveu de l'accusé était indispensable à la condamnation, idée non seulement déraisonnable, mais contraire au plus simple bon sens en matière juridique; car, si le déni de l'accusé ne s'accepte pas comme preuve de son innocence, l'aveu qu'on lui arrache doit moins encore servir de preuve de sa culpabilité. À présent même, il m'arrive encore d'entendre de vieux juges regretter l'abolition de cette coutume barbare. Mais, de notre temps, personne ne doutait de la nécessité de la torture, ni les juges, ni les accusés eux-mêmes. C'est pourquoi l'ordre du commandant n'étonna et n'émut aucun de nous. Ivan Ignatiitch s'en alla chercher le Bachkir, qui était tenu sous clef dans le grenier de la commandante, et, peu d'instants après, on l'amena dans l'antichambre. Le commandant ordonna qu'on l'introduisît en sa présence.

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