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La fille du capitaine

Note (retour) — DU CAPITAINE

Louis Viardot translation · Edition 2

Sa sagacité et la finesse de son odorat me remplirent d'étonnement. J'ordonnai au cocher d'aller où l'autre voulait. Les chevaux marchaient lourdement dans la neige profonde. La kibitka s'avançait avec lenteur, tantôt soulevée sur un amas, tantôt précipitée dans une fosse et se balançant de côté et d'autre. Cela ressemblait beaucoup aux mouvements d'une barque sur la mer agitée. Savéliitch poussait des gémissements profonds, en tombant à chaque instant sur moi. Je baissai la tsinovka 14, je m'enveloppai dans ma pelisse et m'endormis, bercé par le chant de la tempête et le roulis du traîneau. J'eus alors un songe que je n'ai plus oublié et dans lequel je vois encore quelque chose de prophétique, en me rappelant les étranges aventures de ma vie. Le lecteur m'excusera si je le lui raconte, car il sait sans doute par sa propre expérience combien il est naturel à l'homme de s'abandonner à la superstition, malgré tout le mépris qu'on affiche pour elle.

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