Note (retour) — DU CAPITAINE (continued 2)
Louis Viardot translation · Edition 2
Ce coup imprévu faillit tuer mon père. Il perdit sa fermeté habituelle, et sa douleur, muette d'habitude, s'exhala en plaintes amères. «Comment! ne cessait-il de répéter tout hors de lui-même, comment! mon fils a participé aux complots de Pougatcheff? Dieu juste! jusqu'où ai-je vécu? L'impératrice lui fait grâce de la vie; mais est-ce plus facile à supporter pour moi? Ce n'est pas le supplice qui est horrible; mon aïeul a péri sur l'échafaud pour la défense de ce qu'il vénérait dans le sanctuaire de sa conscience 65, mon père a été frappé avec les martyrs Volynski et Khouchtchoff 66; mais qu'un gentilhomme trahisse son serment, qu'il s'unisse à des bandits, à des scélérats, à des esclaves révoltés,... honte, honte éternelle à notre race!» Effrayée de son désespoir, ma mère n'osait pas pleurer en sa présence et s'efforçait de lui rendre du courage en parlant des incertitudes et de l'injustice de l'opinion; mais mon père était inconsolable.