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La femme du diable

Note 8 — LA FEMME DU DIABLE LÉGENDE PÉRIGORDINE

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Voici la petite pièce de poésie sur un Oiseau inconnu, à laquelle il est fait allusion:

Je ne sais pas ton nom, petit oiseau des champs

Qui, par longs intervalles,

Fais retentir au loin la gaîté de tes chants

En strophes matinales.

Je n'entendis jamais de près ta belle voix;

Jamais, au premier âge,

Tu ne vins sur mon front te choisir dans les bois

Un balcon de feuillage.

Mais qu'importe le nom qu'on te donne ici-bas,

Voix que le Ciel inspire!

Mon cœur te connaît bien; et ne me rends-tu pas

Une larme, un sourire?

Qu'importent les couleurs dont tu luis au soleil,

Dans les herbes nouvelles?

Dieu t'a fait le présent qui n'a point de pareil,

Ta musique et tes ailes.

Ce n'est du rossignol ni le chant soutenu,

Ni la vive alouette;

C'est un vague soupir, un talent méconnu

D'insouciant poète.

Ce n'est point la beauté superbe, à l'œil vainqueur;

C'est la Vierge qui passe,

Se tourne, vous regarde, et laisse au fond du cœur

Le parfum de sa trace.

Chaque printemps, tu viens de tes jeunes amours

Chanter jeune interprète;

Chaque printemps, plus vieux et plus triste toujours,

Je t'écoute et m'arrête.

Tu répands en mon âme un confus souvenir

D'harmonie et d'enfance,

Comme la fleur d'automne abandonne au zéphir

Un doux reste d'essence.

Et je rêve au passé! petit oiseau des champs

Qui, par longs intervalles,

Fait retentir au loin la gaîté de tes chants

En strophes matinales.

Sous la motte de terre as-tu pour paravent

La mauve ou la pervenche?

Ou ton frêle édifice aux caprices du vent

Flotte-t-il sur la branche?

Fais-tu des tendres blés qui couvrent les sillons

Les festins de ta couche?

Portes-tu dans ton bec, à tes chers oisillons,

La bourdonnante mouche?

T'exiles-tu, nomade, en ces brûlants climats

Où se hâte l'aurore?

Constant et résigné, braves-tu nos frimas,

Cher oiseau? Je l'ignore.

Connaître ne rend pas plus heureux, je le sais;

On sait tout quand on aime;

Pour un pauvre ignorant comme moi, c'est assez

Que tu sois un emblême.

Emblême de bonheur, hélas! dont palpitait

Ma jeunesse ravie,

Qui chante quelques jours au printemps, puis se tait

Tout l'hiver de la vie.

Je ne veux pas savoir ton nom. J'aimerais mieux

Que ma voix solitaire

Fût, comme tes accents, l'amour d'un malheureux,

Et mon nom un mystère!

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