Note (retour) — V UNE RELIGION D'ART
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Il ne parut pas suffisant aux exégètes trop pieux du moyen âge d'interpréter symboliquement la nature entière et quelques merveilles apocryphes; on soumit à ce traitement la mythologie gréco-latine. C'était fort édifiant et un poème tel que celui de Philippe de Vitry (XIVe)38,Roman des Fables Ovide le Grand, eut sans doute un certain succès. Philippe a au moins le mérite de l'invention; il est original à sa manière; nous sommes surpris que M. Huysmans n'ait pas donné un aperçu de ses imaginations, bien faites cependant pour «désinfecter le latin du paganisme, qui empestait la luxure, puait un affreux mélange de vieux bouc et de rose»39. Aspergées d'eau bénite, les Métamorphoses d'Ovide deviennent innocentes, et réconfortantes pour les âmes inquiètes; c'est une nouvelle Bible offerte à notre ferveur. Voici le tableau rectifié de Diane et Actéon: Diane symbolise la Sainte Trinité; le Cerf, Jésus-Christ; Actéon, Jésus-Christ incarné; et les Chiens, les Juifs. Dans l'anecdote d'Apollon chez Admète, Apollon est encore le Christ; Mercure représente les Docteurs; les troupeaux, les Chrétiens; la houlette, la crosse épiscopale; la lyre à sept cordes signifie à la fois les sept articles du Credo, les sept sacrements et les sept vertus. L'épisode d'Aristée est interprété ainsi: Jésus-Christ est le taureau et les apôtres sont les abeilles. Biblis, amoureuse de son frère, puis changée en fontaine, c'est la Sapience divine; Cadmus, le frère qui la rebute, c'est encore le peuple Juif. La Gentilité est dite par Pallas; l'Église, par Phèdre et par Atalante; Satan, par le serpent Python et par Vulcain; la Judée, par Céphale et par Callisto.