Note (retour) — IV STÉPHANE MALLARMÉ ET L'IDÉE DE DÉCADENCE
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Si, au contraire, on voulait redonner à l'idée de décadence littéraire son sens véritable et véritablement cruel, ce n'est plus Mallarmé qu'il faudrait nommer, on s'en doute, ni Laforgue, ni tel symboliste dont la carrière se poursuit. Le décadent de la littérature latine, ce n'est ni Ammien Marcellin, ni S. Augustin, qui, chacun à leur manière, se façonnent une langue; ce n'est ni S. Ambroise, qui crée l'hymne, ni Prudence, qui imagine un genre littéraire, la biographie lyrique29. On commence à être plus clément pour la littérature latine de la seconde période; las peut-être de la ridiculiser sans la lire, on a commencé de l'entr'ouvrir. Cette notion si simple sera prochainement admise: qu'il n'y a pas, en soi, un bon latin et un mauvais latin; que les langues vivent et que leurs changements ne sont pas nécessairement des altérations; qu'on pouvait avoir du génie au VIe siècle comme au IIe, et au XIe comme au XVIIIe; que les préjugés classiques sont une entrave au développement de l'histoire littéraire et à la connaissance totale de la langue elle-même. Mieux connus, les poètes de la bibliothèque de Fontenay n'auraient servi à baptiser un mouvement littéraire que si l'on avait voulu comparer, tâche ardue et un peu absurde, des novateurs idéalistes à des novateurs chrétiens.