Note 151 — LETTRES (continued 8)
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On ferait un volume de toutes les superstitions des Espagnols. Nous en citerons quelques traits perdus dans les mémoires des Français qui accompagnèrent Philippe V. Ainsi le chambellan, comte de Benevente, vint, les larmes aux yeux, avertir Louville de se défier d'une berline attelée qui devait être donnée au Roi et qui, disait-il, «devait, par un sortilége, devenir caisse d'oranger, pendant que le Roi deviendrait oranger en caisse. Une autre fois, il s'agissait de la perruque du Roi, affaire d'État, s'il en fut, pour le mayordomo-mayor. La prudence exigeait qu'il s'informât à qui avaient appartenu les cheveux de cette perruque, car ils pouvaient être ensorcelés. Le maréchal de Berwick s'avance pour assiéger Pampelune. A la vue de son armée, les habitants s'étonnent, ils n'en peuvent croire leurs yeux, ils croient à quelque maléfice, à quelque vision émanant du Diable. Le clergé se rend sur les remparts, exorcise les êtres fantastiques qui s'approchent, et il ne reconnaît la réalité que lorsque les balles viennent siffler à ses oreilles.