Note 150 — LETTRES (continued 8)
Reading edition
Je n'eus pas de peine à découvrir, dit Gourville, l'extrême paresse et en même temps la vanité de ces peuples. Il y a des ouvriers pour faire des couteaux, mais il n'y en aurait pas pour les aiguiser, si une infinité de Français, que nous appelons gagne-petit, ne se répandaient par toute l'Espagne. Il en est de même des savetiers et des porteurs d'eau de Madrid. La Guyenne et d'autres provinces de France fournissent un grand nombre d'hommes pour couper le blé et le battre. Les Espagnols appellent ces gens-là gavoches et les méprisent extrêmement. (Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.)
Il résulte également d'une dépêche du marquis de Villars, qu'il y avait de son temps en Espagne 67,000 Français, plus une foule considérable de marchands et d'ouvriers italiens, allemands et anglais. Leur concours fut jugé si nécessaire, que Philippe IV, pour les attirer, les exempta pour six ans de l'impôt. (Weiss, t. II, p. 146, 147, 149.)