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La cour et la ville de Madrid vers la fin du XVIIe siècle

Note 67 — LETTRES (continued 4)

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La religion des Espagnols était fort grossière, leur esprit nullement enclin aux controverses; aussi l'Inquisition avait-elle plus affaire à des Juifs qu'à des hérétiques proprement dits.

«Comme je passais à Logroño, dit le conseiller Bertault, on me dit qu'on y avait mis depuis peu à l'Inquisition un gentilhomme de qualité qui avait parlé et disputé un peu dessus la liberté et dessus la grâce. Mais il est vrai qu'ils n'y en mettent guère de cette nature, à cause que personne ne sait rien, et ainsi ils ne parlent guère de choses de religion. Ils n'y mettent guère souvent que ceux qui sont soupçonnés de morisme et de judaïsme, dont ils en prennent souvent qu'ils mènent par les rues, avec une coroca, qui est une espèce de bonnet pointu et fort haut de papier jaune et rouge, pour quoi on les appelle encorocados. Le conseil et les officiers de l'Inquisition marchent devant en mules, et les familiers après, et les encorocados sont au milieu. On les mène ainsi dans l'église des Dominicains, et on leur fait un grand sermon. Il y en a d'autres qu'on fouette quand ils sont relaps, d'autres à qui l'on ordonne el sanbenito. C'est une espèce d'étole qu'on les oblige de porter à leur col, et on les appelle sanbenitos. On écrit les noms de tous ceux qui ont été pris ainsi en l'année sur les murailles des églises, avec des croix de Saint-André, et la plupart des églises d'Espagne en sont pleines.» (Relation de l'État d'Espagne, p. 89.)

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