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L'oeuvre du divin Arétin, première partie

Note 19 — LES RAGIONAMENTI

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Les trois dialogues qui suivent forment la Première partie des Ragionamenti de Pierre Arétin, surnommé le Fléau des Princes, le Véridique et le Divin.

[20] La Nanna raconte ce trait dans le troisième Dialogue.

[21] Le Talmud appelle les anges Maîtres de danse.

[22] Il s'agit évidemment du poème de l'Arétin contre l'Elena Ballerina, poème attribué à Lorenzo Venerio et publié sous le nom de son fils Maffeo Venerio, évêque de Corfou. Voici ces raisons qui sont au chant III:

«Concluons donc qu'un grand cas bien ferme, «D'un vaillant homme de frère dans toute la force de sa jeunesse «Quand le bouillon et le vin l'ont échauffé, «Alors qu'il n'est ni hiver ni été, «Et quand le rut le rend entreprenant et hardi, «Les coups qu'il donne sont tellement sans arrière-pensée «Que je voudrais, verbi gratia, de temps en temps, «Qu'il fût tout cas et moi toute mirely.»

Ce dernier trait est tout arétinesque, on le retrouvera dans les Sonnets.

[23] Ce jeu de mots alphabétique s'entend aussi bien en français qu'en italien.

[24] On devait parler souvent de cette Sainte parmi les prostituées romaines. Elle est citée plusieurs fois dans la Lozana Andaluza, où elle est nommée en espagnol Santa Nefixa.

Le chanoine.—Corps de moi!... Elle est plus habile que Sainte Nafisse, celle qui donna son corps en aumône. (Cahier XXIII.)

Trujillo.—Les attouchements et le contact, voilà ce qui guérit, comme l'a dit Sainte Nafisse, celle qui mourut d'amour suave. (Cahier L.)

Et plus loin la Lozana la nomme aussi: Il a engeigné la Lozana comme si j'avais été Sainte Nafisse.

Sainte Nafisse est également citée au chant III de la Puttana errante.

[25] Il s'y tenait beaucoup de prostituées.

[26] Pour Philocole. Cette amplification de l'histoire de Flor et Blanchefor est le premier ouvrage de Boccace.

[27] Suffragant. La Nanna estropie beaucoup de mots.

[28] Bovo d'Antona: chanson de geste anonyme de la fin du xiie siècle; c'est une imitation de la chanson de geste française Beuves d'Hanstonne, dont il y a plusieurs versions et qu'on attribue à Bertrand de Bar-sur-Aube. L'Arétin connaissait les Reali di Francia, ces Royaux de France déjà populaires en Italie de son temps et où l'on trouve Bovo d'Antona. La belle Drusania, la fille du roi d'Arménie, l'amante et puis l'épouse de Bovo, faisait sonner la harpe et chantait à merveille; l'ayant perdu sur la rive de la mer, elle se fit reconnaître rien qu'en chantant.

[29] Primicier.

[30] Pour Colleoni, fameux condottiere bergamasque, qui s'illustra au service de Venise. Il est un des premiers qui aient fait usage du canon. Il mourut en 1475.

Allusion à sa mine fière sur le monument équestre, élevé à Venise, en 1495, par Alexandro Leopardo qui l'avait fondu d'après le modèle d'Andrea del Verrochio.

Allusion aussi à la galante réputation des Colleoni. Dans cette famille les mâles passaient tous pour être pourvus de trois testicules. Dissertant sur le droit que l'on a ou que l'on devrait avoir de changer de nom, Casanova de Seingalt observe: Les seuls Colleoni, de Bergame, seraient embarrassés de changer de nom, car ils seraient en même temps obligés de changer le signe de leurs armoiries, puisqu'ils ont sur l'écu de leur ancienne famille les deux glandes génératrices et de détruire par là la gloire de Bartholomeo leur aïeul.

[31] Petites fesses.

[32] Poisson, sorte de raie (trygon pastinaca); on le nomme terre à Lorient, terre, tonare ou touare dans le Poitou, tère à Arcachon, pastenague à Cette, pastenaïga à Nice. L'Arétin a souvent pris des poissons pour les termes de ses comparaisons.

Une locution proverbiale de l'époque, esser comme il pastinaca, être comme la pastenague, signifiait: être sans queue ni tête, car enveloppée par les nageoires pectorales, la tête de ce poisson ne se distingue pas bien, et on lui coupait la queue dont on disait la piqûre dangereuse.

[33] L'inguintana ou la quintana, c'est-à-dire la quintaine, c'était en Italie, et surtout en Toscane, un anneau de fer suspendu en l'air et que l'on s'efforçait d'enfiler avec la lance. En France, on appelait cela «courir à la bague» et l'on sait ce que l'on y nommait une quintaine.

[34] Pénitentiels.

[35] Monstre marin très vorace. On connaît l'épigramme de François Boussuet, de Orca:

Orcae, Balænæ que immania corpora ponti Utraeque inter se bella cruenta movent. Se Balaenae igitur maris in secreta receptant, Nam fœtis uteri est cura, timorque sui. Prœdae avidae norunt Orcae id gravidasque lacessunt, Ast hae victæ uteri pondere sæpe ruunt Praepediuntur enim, spes quippe fuga omnis in una. Balaenis siquidem vis minor omnis inest. Orcae igitur miseras truculentis dentibus urgent, Et vivos fœtus cum genitrice vorant.

Il s'agit de l'épaulard, qu'on appelle aussi l'orque, Orca, et qui à cause de ce nom est fort souvent cité comme un monstre infernal par confusion avec l'orque qui est l'enfer même (Orcus).

[36] 9 heures du soir.

[37] Les mendiants.

[38] Travail avancé de fortifications; sorte de demi-lune.

[39] Schiavina, manteau de pèlerin: «Le prince Perse commande à un sien serviteur de leur faire tailler deux esclavines, et de recouver deux bourdons, tels que les pèlerins ont en coutume d'en porter.» (Hist. de Flor et de Blancheflor.)

[40] Première syllabes de culo, cazzo, potta et fottere que l'on entend assez.

[41] Université de Rome.

[42] Allusion à Mainardi, dit l'Arletto, curé de S. Cresci di Maciuoli dans l'évêché de Fiesole et réputé pour ses facéties célèbres au temps de l'Arétin. Elles ont été très souvent réimprimées surtout au xvie siècle.

M. Rémy de Gourmont dit: «Il piovano Arlotto signifie proprement le curé arsouille.»

[43] Issue du Trentin ou pays de Trente. On croyait que le Tyrol produisait un grand nombre de sorciers et de sorcières.

[44] Boccace.

[45] C'est-à-dire le Bachelier.

[46] Monticule au bord du Tibre, à Rome. Il a été formé par l'accumulation des tessons de pots qu'y laissaient ceux qui allant au fleuve chercher de l'eau cassaient la cruche. De là le nom de Testaccio.

[47] Pour Dixit, celui qui dit, le Seigneur. Allusion aux paroles du psaume 109: Dixit Dominus...

[48] Sorte de pâtisseries, de bonbons ou de pastilles sirupeuses dont la pâte demandait à être longuement travaillée avec les mains, et comme il était fatigant de la pétrir, on disait en le faisant une sorte de prière jaculatoire appelée Manuschristi d'après les mots qui la commençaient, d'où le nom de la friandise, aussi bien connue en France qu'en Italie.

[49] Domenico di Giovanni, dit il Burchiello, parce qu'il écrivait ses sonnets sans se soucier d'y mettre un sens, mais selon les hasards de son inspiration verbale et de la rime, ce qui n'est pas un art poétique si médiocre. Crescembeni fait dériver Burchiello de alla Burchia qui, entre autres sens, signifie: à la va comme je te pousse, n'importe comment. Il faut ajouter que plusieurs bons esprits ont vu dans l'obscurité du Burchiello autre chose que de l'absurdité. A l'époque de l'Arétin, il n'avait pas mauvaise réputation; on avait tiré de son surnom un adjectif: burchiellesco, qui avait à peu près le sens d'énigmatique. Ce fameux poète burlesque naquit à Florence en 1404 et mourut à Rome en 1448.

Ce serait Sachetti qui aurait inauguré un genre poétique auquel Burchiello attacha son nom. Il ne faudrait pas confondre le style burchiellesque avec la poésie fidentiane obscure et raffinée appelée ainsi en Italie au xvie siècle, à cause de Fidenzio Glottoerinio Ludimagistro. Le ton des poèmes le plus souvent satiriques du Burchiello s'approche plutôt de celui des quodlibet allemands, des coq-à-l'âne et des amphigouris comme on en fit tant en France au xviiie siècle.

[50] De vivre et non de voir.

[51] Jean de Zapol, comte de Scépuse et voïvode de Transylvanie, élu au trône de Hongrie, vacant à la mort, en 1526, du roi Louis II, dernier des Jallegons, avait appelé les Turcs à son secours contre Ferdinand d'Autriche qui, se fondant sur les droits de sa femme, sœur unique du roi défunt, voulait s'emparer de la couronne.

[52] Le dialecte de Bergame passait pour le plus grossier de l'Italie.

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