Note (retour) — Sur l'Éloquence de la Chaire
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Pour bien juger la longue carrière de M. de Boulogne, tour à tour pamphlétaire et journaliste, mais prédicateur avant tout, il faut se faire une idée nette de son caractère, sous peine de trouver en lui des contradictions inexplicables. Avec une conscience droite, des intentions pures et un grand amour pour le bien, il était dans sa conduite plein d'hésitation; souvent même il paraissait agir par boutade. Cela provenait de cette imagination vive et mobile qui était le fond de son talent. Il était de ces hommes sur qui l'impression du moment est toute-puissante; aussi l'action des événements est-elle plus visible chez lui que chez tout autre. Avant de se montrer l'adversaire ardent de toute concession libérale et de tout progrès en politique, il avait partagé, du moins jusqu'à un certain point, les idées qui avaient cours à la fin du dix-huitième siècle. On lit en effet dans un de ses discours imprimés de cette époque: «Le peuple seul a des droits, les rois n'ont que des devoirs.» Ces paroles sont curieuses dans la bouche de celui qui a prêché plus tard le sermon: «La France veut son Dieu! la France veut son roi!» Mais il faut, pour les comprendre, se reporter à un autre temps, et faire la part d'une époque où l'orateur1 appelé à prêcher devant Louis XVI, le matin même de l'ouverture des États-Généraux, avait pris pour texte de son discours ce verset prophétique: Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles.