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L'homme qui assassina

Note 1 — CLAUDE FARRÈRE (continued 2)

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Quand la page ci-dessus fut écrite,—le 28 juin 1906—l'admirable roman de Pierre Loti: Les Désenchantées, n'avait pas encore paru. Et l'auteur ne croyait pas nécessaire d'appuyer davantage sur cette vraie liberté que les mœurs turques consentent à la femme. Aujourd'hui, beaucoup de lecteurs l'accuseront peut-être d'avoir écrit très légèrement....

Il n'en est rien, pourtant. Qu'on veuille bien relire avec attention Les Désenchantées: on constatera que les dames turques, héroïnes de ce livre, sont de très grandes dames appartenant, non seulement à l'aristocratie, mais à la Cour, et jouissant toutes d'au moins cent mille livres de rentes. Pour ces dames-là, oui, la loi de l'Islam est dure. Dans nul pays plus qu'en Turquie, fortune n'est synonyme d'esclavage. Fortune, cela veut dire: eunuques, suivantes, conak fermé, carrosse,—autant de geôliers, autant de geôles.—Mais l'immense majorité des femmes de Turquie n'ont point de nègres et vont à pied. Et celles-ci que le contact de l'Europe n'a pas encore détraquées trop profondément, vivent en vérité plus libres, plus maîtresses sous leur toit, que ne sont nos femmes à nous. Quel est, par exemple, le mari occidental qui accepterait d'abandonner complètement à sa femme l'éducation de ses filles, et même de ses fils, jusqu'à ce que celles-là soient femmes et ceux-ci adolescents?

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