Note 98 — SECONDE PARTIE.
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Cette supérieure adressa la lettre suivante aux auteurs de la Bastille dévoilée, qui lui avaient demandé de collationner sur l'original l'extrait mortuaire de Fouquet.
«Monsieur,
La déclaration du roi du 9 avril 1736 qui oblige d'avoir deux registres de sépulture, et d'en déposer un au greffe, tous les ans, est l'époque précise des Actes mortuaires dont nous sommes en possession; d'après les plus exactes recherches, nous n'en avons trouvé aucun antérieur à l'année 1737. Il se pourrait bien que celui de M. Foucquet fût à la paroisse Saint-Paul, parce que c'est le curé de ladite paroisse qui fait tous nos enterremens; nous voyons par différentes notes que ledit sieur est mort à Pignerol, au mois de mars 1680; qu'il a été inhumé dans notre église extérieure le 28 mars 1681, dans la cave où M. son père avait été enterré quarante ans auparavant; son épitaphe est dans la chapelle de Saint-François de Sales, au-dessus de ladite cave. La messe dont il a été parlé a été fondée par M. son père, en 1640.
J'ai l'honneur d'être, etc. Sœur Anne-Madeleine Chalmette.»
Cette lettre, imprimée dans la 9e livraison de la Bastille dévoilée pour prouver que Fouquet ne fut pas l'homme au masque, prouve surtout que les registres cités par Chevalier n'ont jamais existé, ou bien ont été enlevés à l'époque (vers 1770) où l'on fit à Pignerol et à la Bastille des perquisitions secrètes, afin d'anéantir les traces de la captivité du surintendant.
Quant à son épitaphe qui, selon cette lettre, était dans la chapelle de Saint-François de Sales, on est autorisé à croire que la supérieure a été trompée par une des épitaphes de la famille Fouquet, dans lesquelles le nom du surintendant se trouvait plusieurs fois répété avec l'énumération de tous ses titres et dignités.
Un historien moderne (Dufey, de l'Yonne) a bien fait la même confusion en disant dans le Mémorial parisien: «Sous les marches de la chapelle à gauche, a été inhumé Nicolas Fouquet,» M. Dufey avait mal lu Piganiol qui dit: «Dans une chapelle qui est à gauche en entrant et sous les marches, a été inhumé François Fouquet.» L'épitaphe de Nicolas Fouquet n'a jamais existé: elle n'est relatée nulle part dans les Épitaphiers manuscrits de la ville de Paris, pas même dans le grand recueil en 9 vol. in-fol, avec les armoiries coloriées, lequel fait partie du Cabinet des Chartes et Titres formé par M. Champollion-Figeac, à la Bibliothèque du roi.
Au reste, cette lettre est fort amphibologique, et les différentes notes sur lesquelles la supérieure appuie ses indications méritent peu de confiance à cause de leur analogie avec les notes du major Chevalier.