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L'esprit dans l'histoire

Note 480 — XLVII

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Une fois, l'abbé Velly—c'était encore jouer de malheur—le prit en flagrant délit d'invention. L'abbé avait lu, au chap. LVII de l'Essai sur les mœurs, qu'en 1204, les Français, maîtres de Constantinople, «dansèrent avec des femmes dans le sanctuaire de l'église de Sainte-Sophie», etc. Il écrivit à Voltaire pour lui demander naïvement où il avait trouvé ce fait. Voltaire, non moins ingénument, lui répondit: «Nulle part; c'est une espièglerie de mon imagination.» (Coupé, Soirées littéraires, t. IV, p.240.) Il ne faudrait pourtant pas croire que Voltaire s'amusât continuellement de ces sortes d'espiègleries historiques, et, partant de là, lui faire un crime de son fameux mot: Mentez, mes amis, mentez, où l'histoire n'a rien à faire, quoi qu'on en ait dit. Il s'agissait de la comédie de l'Enfant prodigue, Voltaire ne s'en voulait pas avouer l'auteur.—«Mais si l'on vous devine? disaient ses amis.—Criez: L'on se trompe, ce n'est pas de Voltaire, mentez, mes amis, mentez!» Vous voyez, comme l'a fort bien remarqué M. Despois (Estafette, 21 juillet 1856), que l'histoire n'est ici pour rien, et qu'on est injuste quand on fait, pour ce mot-là, comparaître Voltaire pardevant elle.

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