Note 501 — XVLIII
Reading edition
Cours familier de littérature, t. III, p. 46.—La mort du poète Sarrasin a donné lieu de même à bien des on-dit historiques. Que n'a-t-on pas répété sur la brutalité du prince de Conti, qui le frappa de coups de pincettes, dont il mourut... de chagrin? (V. Biog. universelle, art. Sarrasin, p. 435.) Il eût été juste de dire que le prince le frappa parce qu'il le surprit essayant de lui dérober, pendant son sommeil, des lettres qu'il cachait sous son chevet, et parce que, dans l'ombre, il crut que c'était un voleur. Il lui pardonna pourtant, le reprit à son service, et ce n'est qu'alors qu'il mourut. On peut lire à ce sujet, dans le curieux livre de M. Barrière, la Cour et la Ville (p. 31), ce que racontait le président Bouhier, qui tenait le fait d'un témoin. La mort de Santeul a servi de thème à une calomnie plus grave encore. Le victorin serait mort pour avoir bu un verre de vin dans lequel on aurait jeté du tabac d'Espagne; selon Saint-Simon (édit. Chéruel, in-12, t. I, p. 299), c'est M. le Prince qui y aurait versé sa tabatière. Or, il a été prouvé par M. de Lescure que le prince était à ce moment loin du lieu où mourut Santeul (Les Philippiques de Lagrange-Chancel, 1858, in-8º, p. 56, note); et l'on sait par le Recueil de particularités, mss. du président Bouhier, qui voyait alors Santeul tous les jours et à toute heure, que sa mort eut une cause toute naturelle.