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L'esprit dans l'histoire

Note 370 — XXXIII

Reading edition

M. Malgaigne, dans sa remarquable Introduction aux Œuvres complètes d'A. Paré (t. I, p. CCLXXIX), avait émis déjà, sur ce sujet, des doutes équivalant presque à une négation absolue du fait accepté par tout le monde, depuis Brantôme (Sully, Mémoires, liv. I). C'est surtout au premier qu'il faut renvoyer le mensonge, rapporté deux fois dans ses Hommes illustres: au discours sur l'Amiral Coligny et à celui sur Charles IX. Il dit notamment en ce dernier endroit que le roi «incessamment crioit: Tuez, tuez, et n'en voulut jamais sauver aucun, sinon maistre A. Paré, son premier chirurgien...». L'erreur est double ici: d'abord, en ce que Charles IX, contre l'avis duquel le massacre eut lieu, voulut au moins qu'on épargnât Téligny, La Nouë, La Rochefoucauld et même l'Amiral; c'est Marguerite de Valois, sa sœur, qui le dit, et rien ne s'oppose à ce qu'on l'en croie (Mémoires, édit. L. Lalanne, p. 27-28); ensuite, parce que, je le répète, A. Paré, que Brantôme déclare avoir été le seul épargné, était de ceux qui n'avaient pas besoin de l'être, puisqu'il était catholique. M. Malgaigne (p. CCLXXX-CCLXXXII) démontre qu'il en eut toujours les croyances. On trouve dans ses Œuvres des preuves de sa dévotion toute catholique au Saint-Esprit, et de sa confiance, très peu huguenote, dans les exorcismes, etc. Ce n'est pas tout: quand il mourut, où l'enterra-t-on? Dans une église, à Saint-André-des-Arcs, alors qu'Aubry, le plus enragé des prêtres ligueurs, en était curé! M. Jal, p. 938, a reproduit l'acte mortuaire.

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