Note 188 — XIV
Reading edition
M. le duc d'Aumale, dans son travail sur les comptes de Denis de Collors, publié dans les Miscellanies of the Philobiblon Society de Londres, t. II, et reproduit dans le Bulletin du Bibliophile, 1855-1856, p. 1045, n'est pas lui-même éloigné de croire que Jean ne retournât à Londres causâ joci.—Pour terminer, je dirai que le mot dont il est question ne fut pas toujours prêté à ce roi, mais à un autre, pour lequel il semble mieux fait: c'est François Ier. «Il disoit, selon Balth. Gracian, dans une note de l'Homme de cour, trad. par Amelot de la Houssaye, p. 202, que si la fidélité se perdoit, elle devoit se retrouver dans le cœur d'un roi.» N'est-ce pas le mot du roi Jean? Or, réfléchissez qu'il eut plus d'un rapport de destinée avec François Ier, puisqu'il fut prisonnier comme lui, et vous comprendrez que la parole, si vraisemblable chez celui-ci, put fort bien être prêtée à l'autre par suite d'un de ces déplacements d'esprit si ordinaires aux historiens. Le mot, à mon avis, est donc de François Ier; son caractère le justifie, et l'auteur qui le lui prête donne toute autorité à l'attribution. Gracian, qui est Espagnol, avait pu l'apprendre à Madrid des gens qui avaient approché le roi chevalier dans sa prison. Or, c'est là, en effet, un des jours où on lui aura proposé de manquer à sa parole et de s'enfuir, qu'il aura dû dire le mot. Jusqu'au XVIIe siècle, c'est à lui seul qu'on l'attribua, comme on le voit par le Recueil d'apophthegmes et bons mots, 1695, in-12, p. 83-84.