← Table of contents
L'Afrique centrale française

Note 129 — CHAPITRE VII

Reading edition

Au cours de nos marches nous eûmes beaucoup à souffrir d’un ennemi qui semble bien insignifiant ; la mellipone. On a beaucoup exagéré le danger des fauves et des reptiles pour l’explorateur ; on s’est plaint des ennuis que font subir les fourmis, les termites, les insectes xylophages. Tout cela n’est rien à côté de l’irritation énervante causée par la mellipone. C’est un hyménoptère gros comme un très petit moucheron (3 millimètres de long), noir de tête et de corselet ; l’abdomen, très aplati, est brun roussâtre en dessus et blanchâtre en dessous ; le cou et les pattes sont velus, les ailes diaphanes avec des reflets roses et bleuâtres. Vivant en société comme l’abeille, elle gîte dans les crevasses des rochers ou dans les troncs d’arbres secs renversés sur le sol. Le miel, d’un jaune brun, est encore plus sucré et plus fin que celui de l’abeille, on en trouve parfois de très acide, couleur jaune-clair, produit peut-être par une autre espèce. On rencontre des nuées de mellipones dans presque toutes les parties boisées des plateaux qui dominent Ndellé, dans une grande partie du Soudan occidental, sur le Haut-Oubangui au N. des rapides de l’Eléphant : la forêt équatoriale semble ici barrer son extension. Aux environs de Mansaka ces insectes sont si nombreux qu’ils constituent un fléau insupportable. Quand vous êtes à cheval, ils tourbillonnent déjà par centaines autour de votre tête et de vos mains, mais si vous vous arrêtez c’est par milliers qu’ils s’assemblent autour de vous, vous frôlant sans cesse, entrant dans les yeux, dans le nez, les oreilles, dans la bouche si vous parlez, se noyant par dizaines dans votre verre. N’essayez pas d’ailleurs de les écraser : ils dégagent une odeur des plus écœurantes.

Explore with AITake your curiosity a little further.

Reading settings