Note 8 — AU JARDIN DE LA SOUFFRANCE
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Οὐ μόνον μαθὼν ἀλλὰ παθὼν τὰ θεῖα. (Pseudo-Denis l’Aréopagite : Des noms divins, II, 9). La traduction donne le sens, maie elle ne rend pas toute l’énergie synthétique du texte grec.
Il importe de remarquer que cette formule n’a trait qu’à la Mystique divine, car le diable étant le singe de Dieu — il y a une contrefaçon diabolique dont des exemples contemporains nous sont fournis par Raspoutine et, dans un autre ordre de faits, par la Mesmin et ses adeptes. Il existe aussi certaines dispositions naturelles qui présentent quelques ressemblances superficielles avec les grâces que Dieu envoie aux contemplatifs. Mais le propre de l’état mystique conforme à l’orthodoxie c’est qu’il est toujours accompagné d’ascétisme persévérant et d’une soumission totale à l’Église. Or ce n’est certes pas le cas des faux mystiques qui, selon leur nature impulsive, se montrent rebelles à toute discipline et encore moins le cas de ceux qui s’inféodent à Satan par sensualité ou par orgueil. Il était indiqué de rappeler ces notions élémentaires dans un temps où l’on voit des politiciens ineptes se jeter à la tête le terme de « mystique » comme une injure et aussi des médecins et des physiologistes entasser, avec une assurance bouffonne, des dissertations sur les Mystiques où l’ignorance religieuse le dispute à l’infatuation matérialiste. — A signaler également les divagations de l’hérésie. Exemple : un moderniste incurable, M. Henri Brémond, dans un livre décousu et bâclé, comme presque tout ce qu’il publie, assimile l’état d’âme mystique à l’état d’esprit romantique. M. le chanoine Halflants, théologien expert et bon lettré, l’a, d’ailleurs, réfuté d’une façon définitive dans ses Études de critique littéraire (1 vol. chez Giraudon).