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Jules César

Note (retour) — Front matter

François Guizot translation

CASSIUS.—Eh quoi! mon cher, il foule comme un colosse cet étroit univers, et nous autres petits bonshommes nous circulons entre ses jambes énormes, cherchant de tous côtés où nous pourrons trouver à la fin d'ignominieux tombeaux. Les hommes, à de certains moments, sont maîtres de leur sort; et si notre condition est basse, la faute, cher Brutus, n'en est pas à nos étoiles; elle en est à nous-mêmes. Brutus et César.... Qu'y a-t-il donc dans ce César? Pourquoi ferait-on résonner ce nom plus que le vôtre? Écrivez-les ensemble, le vôtre est tout aussi beau; prononcez-les, il remplit tout aussi bien la bouche; pesez-les, son poids sera le même; employez-les pour une conjuration, Brutus évoquera aussi facilement un esprit que César. Maintenant dites-moi, au nom de tous les dieux ensemble, de quelle viande se nourrit donc ce César d'aujourd'hui pour être devenu si grand? Siècle, tu es déshonoré! Rome, tu as perdu la race des nobles courages! Quel siècle s'est écoulé depuis le grand déluge, qui ne se soit enorgueilli que d'un seul homme? A-t-on pu dire, jusqu'à ce jour, en parlant de Rome, que ses vastes murs n'enfermaient qu'un seul homme? C'est bien toujours Rome, en vérité, et la place n'y manque pas, puisqu'il n'y a qu'un seul homme13. Oh! vous et moi nous avons ouï dire à nos pères qu'il fut jadis un Brutus qui eût aussi aisément souffert dans Rome le trône du démon éternel que celui d'un roi.

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