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Jules César

Note 48 — Front matter (continued 2)

François Guizot translation

Note 48:

(retour)

Brutus lui répondit: «Estant encore jeune et non assez expérimenté ès affaires de ce monde, je fis, ne sçay comment, un discours de philosophie par lequel je reprenois et blasmois fort Caton de s'estre desfait soy-mesme, comme n'estant point acte licite ny religieux, quant aux dieux ny quant aux hommes vertueux, de ne point céder à l'ordonnance divine, et ne prendre pas constamment en gré tout ce qui lui plaist nous envoyer, ainsi faire le restif et s'en retirer: mais maintenant me trouvant au milieu du péril, je suis de toute autre résolution, tellement que s'il ne plaist à Dieu que l'issue de cette bataille soit heureuse pour nous, je ne veux plus tenter d'autres esperances, ni tâcher à remettre sus de rechef autre équipage de guerre, ains me délivreray des misères de ce monde, car je donnai aux ides de mars ma vie à mon pays, pour laquelle j'en vivrai une autre libre et glorieuse.» PLUTARQUE, Vie de Brutus.

Shakspeare, qui n'a jamais mis en récit que ce qui lui est impossible de mettre en action, renferme ici en une seule scène le changement que plusieurs années ont opéré dans l'esprit de Brutus. C'est d'ailleurs une explication donnée d'avance des raisons pour lesquelles Brutus ne se tuera pas après la mort de Cassius et l'événement très-incertain de la bataille. Il s'annonce comme déterminé à tout supporter avec résignation, excepté le malheur auquel il ne croit pas qu'il soit permis à un homme d'honneur de se soumettre, la honte d'être mené en triomphe. Cette intention de l'auteur est évidente; les commentateurs anglais qui ont multiplié les notes sur ce passage, auraient dû la faire remarquer.

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