Note (retour) — SERGENT FRICASSE (continued 2)
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C'est un vrai désert, aussi le monde qui l'habite est aussi brute que sont leurs habitations; la plupart n'ont aucune éducation; comme la nature les a créés, ils restent. Les hommes sont habillés grossièrement, ils portent sur la tête un petit chapeau de paille, des cheveux courts et tout hérissés; leurs chemises de toile très forte sans cols, car on ne leur voit jamais rien autour du cou. Leur culotte, très large avec des plis tout autour qui leur font des genoux gros comme la tête, est froncée comme une bourse. Ils ne portent rien aux jambes, et aux pieds ils ont des souliers aussi durs que du bois; les semelles ont deux doigts d'épais, et bordées de gros clous tout autour. Ils ont des gilets qui leur tombent au milieu des cuisses; des habits moins courts qui se boutonnent tout le long; et les poches battent au bas du ventre. Cet habillement est tout en toile, la plupart du temps tout noir; aussi ils ressemblent à des charbonniers. Les femmes et les filles ont pour coiffure un petit chapeau de paille à quatre cornes, comme une espèce de carquelin 52. Elles portent leurs cheveux en deux tresses tirées très près de la tête, qui est grosse comme celle d'un veau de deux mois; une encolure de même; leur gorge est parée par une grosse chemise, brodée d'une grosse dentelle, avec un corset rouge où sont enfermés des appas très gros, qu'elles fagottent comme un fagot. Les jupes qu'elles portent sont de différentes couleurs: elles en mettent trois, la plus grande ne passe pas les genoux, la deuxième un peu plus haut, la troisième va au bas du nombril; elles sont brodées chacune d'une tresse large de différentes couleurs. Le plus souvent elles vont toutes déchaussées; elles ont des souliers hauts avec de forts clous. Leur nourriture est le lait, le lard et la choucroute. Nous avons logé dans leurs maisons en allant sur le lac de Constance; ils avaient toujours les yeux sur nous, parce que nous étions costumés différemment qu'eux.