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Journal de marche du sergent Fricasse de la 127e demi-brigade: 1792-1802

Note (retour) — SERGENT FRICASSE (continued 2)

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Je dirai donc que notre ennemi, voulant nous ôter tout espoir de retourner en Italie, a réuni de grandes forces pour investir Gênes et enfermer notre armée. Après plusieurs combats sanglants de part et d'autre, et à plusieurs reprises notre ennemi nous ayant forcé notre ligne sur Savone, il nous a coupé la communication que nous avions encore sur terre, et les Anglais croisant sur mer où l'on ne pouvait que difficilement passer, nous voilà donc obligés de nous retirer sous la ville de Gênes, en attendant quelques renforts qui n'arrivèrent pas assez tôt. Il faut donc comprendre la misère que nous avons souffert 67 dans ce blocus. Si les habitants de la nation doivent une reconnaissance à ses défenseurs, ils la doivent en particulier aux troupes qui composaient la garnison de Gênes, soit par leurs souffrances, soit par leur intrépidité à défendre la ville malgré le manque de nourriture. Un peu de pain fabriqué avec de la paille hachée, du son, du cacao, un peu de miel pour pouvoir lier ce mélange ensemble; et quand on le retirait du four tombait-il en poussière. La viande était du mulet bien maigre; les chiens et les chats faisaient nos meilleurs repas. Grâce au jus de Bacchus! sans cela nous serions tous restés pour otages sous les murs de Gênes. Si la ville a capitulé, c'est le défaut de vivres et la grande mortalité qui en a été la seule cause. Au moment de la capitulation, on recevait par homme six onces de cette mauvaise fabrication de pain, mais toujours une bouteille de vin.

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