Note 260 — EUGÈNE DELACROIX (continued 4)
Reading edition
Les peintures décoratives de la bibliothèque du Palais-Bourbon furent commencées par E. Delacroix en 1838 et terminées en 1847. Elles se composent de deux hémicycles et de cinq coupoles divisées chacune en quatre pendentifs. Les deux hémicycles sont peints sur le mur enduit d'une préparation à la cire; ils représentent: le premier, Orphée apportant la civilisation à la Grèce (côté de la cour du Palais-Bourbon); le second, Attila ramenant la barbarie sur l'Italie ravagée (côté de la Seine). Les coupoles sont peintes à l'huile sur toile marouflée sur enduit; chaque coupole se compose de quatre pendentifs et comprend par conséquent quatre sujets, que le maître a choisis dans un même ordre d'idées: 1° la Poésie; 2° la Théologie; 3° la Législation; 4° la Philosophie; 5° les Sciences. Enfin, à l'intersection desdits pendentifs, se trouvent de grands mascarons, que Delacroix a imaginés d'après des types rencontrés un peu partout sur son passage, et principalement parmi les travailleurs des champs.
Première coupole: 1° Alexandre et les poèmes d'Homère; 2° L'éducation d'Achille; 3° Ovide chez les Barbares; 4° Hésiode et la Muse.
Deuxième coupole: 1° Adam et Ève; 2° La captivité à Babylone; 3° La mort de saint Jean-Baptiste; 4° La drachme du tribut.
Troisième coupole: 1° Numa et Égérie; 2° Lycurgue consulte la Pythie; 3° Démosthène harangue les flots de la mer; 4° Cicéron accuse Verrès.
Quatrième coupole: 1° Hérodote interroge les traditions des Mages; 2° Les bergers chaldéens inventeurs de l'astronomie; 3° Sénèque se fait ouvrir les veines; 4° Socrate et son démon.
Cinquième coupole: 1° La mort de Pline l'Ancien; 2° Aristote décrit les animaux que lui envoie Alexandre; 3° Hippocrate refuse les présents du roi de Perse; 4° Archimède tué par le soldat.
Pour bien juger de toute cette suite de peintures décoratives, il est absolument utile de circuler sur la galerie saillante qui contourne cette magnifique salle.
Delacroix avait déjà exécuté des peintures décoratives au Palais-Bourbon, en 1833, par l'entremise de M. Thiers; il fut chargé de décorer le Salon du Roi qu'il acheva en cinq ans et qui lui fut payé la modeste somme de 30,000 francs. (Voir Catalogue Robaut, n° 892 à 917.)