Note 167 — EUGÈNE DELACROIX (continued 3)
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Cette scène, qui avait vivement frappé l'imagination de Delacroix et dont on retrouve la description dans la Correspondance (t. I, p. 176), a sans doute inspiré le tableau connu sous le nom de Rencontre de cavaliers maures, qui fut refusé au Salon de 1834. Le catalogue Robaut en donne la description suivante: «Les chevaux se heurtent, et l'un d'eux se dresse sous le choc en même temps que sous l'effort de son cavalier pour l'arrêter. Dans ce mouvement la puissante silhouette du cheval bai brun s'enlève sur un fond de collines qu'éclairent les fumées d'un combat et les clartés opalines d'un ciel gris très doux où passent des bleus de turquoise. Sur ce premier groupe se découpe le profil allongé, élégant du cheval gris-blanc, dont le poil soyeux et fin laisse passer comme des lueurs roses la transparence de la peau. Le geste des cavaliers, celui surtout de l'homme dont on n'aperçoit que la tête et le poing, est d'une audace de vérité extraordinaire, dont on ne retrouve l'exemple que dans Rubens, et c'est à Rubens aussi que fait penser l'éclatante variété des rouges que Delacroix s'est plu à multiplier dans cette précieuse composition, étincelante et joyeuse comme l'œuvre d'un peintre coloriste, vivante comme l'œuvre d'un grand dessinateur du mouvement, solide et forte comme l'œuvre d'un maître statuaire.» (Voir Catalogue Robaut.)